Le Dernier portrait [Les 24h de la nouvelle]

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La contrainte

Le Dernier Portrait

Nous ne comprenons guère les ruines que le jour où nous-mêmes le sommes devenus.

Henrich Heine

chateau hugo

I.

M. Paul Meryen était un ésotériste confirmé. En cette fin de dix-neuvième siècle, alors que le dogme catholique allait reculant et que les sciences s’érigeaient, de moins en moins timides, en succédané triomphant de la religion, il avait choisi la voix médiane et avait étudié avec soin les secrets des puissances occultes. Ses anciens amis, bien évidemment, s’étaient ri de lui. Élèves de l’X ou littérateurs assurés, que pouvaient-ils y comprendre ? Jeunes, pleins d’espoirs et tournés vers le siècle à venir, ils haussaient les épaules quand on leur parlait d’âme et méprisaient les vues de feu M. Hugo qu’ils appelaient même « l’abominable grand-père ». Malgré ce regrettable exemple, Paul Meryen n’avait pas renoncé. Il avait lu Eusèbe de Salverte la plume à la main, prenant rageusement des notes ; dans…

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