Fatale (NOUVELLE – 6/12)

Le présent texte, intitulé Fatale, a été publié chez Mondes Futuristes Éditions, au sein d’un recueil de douze nouvelles, en date du 6 octobre 2018.

Pour le lire, commandez (en ligne) le recueil en format papier dès maintenant, ou depuis votre librairie de quartier.

En voici les premières lignes :

« Ce tableau lui faisait de l’œil.

L’enquêteur attendait depuis moins d’un quart d’heure dans le bureau de Lady Maureen et il ne pouvait déjà plus quitter cette peinture des yeux. Dépourvue de cadre, la toile mesurait deux mètres trente-cinq de haut pour un mètre dix de large. Sa taille démesurée, à l’image du château, en rendait la figure centrale encore plus présente, quasi palpable.

L’artiste y avait représenté une jeune femme, de trois-quarts, se tenant debout au milieu d’une espèce de forêt lugubre et luxuriante. Nue, un long et gros serpent s’enroulait à plusieurs reprises autour de son corps et dissimulait opportunément son sexe. Projetée en arrière, sa chevelure abondante et ondulée retombait tel un rideau de fines lianes en feu.

Xavier recula de trois pas et constata que le teint laiteux de l’inconnue faisait qu’elle se détachait de l’arrière-plan dominé par des tons plus sombres. Il avait l’impression que cette beauté pouvait sortir du tableau d’une seconde à l’autre.

— Quel étrange personnage, n’est-ce pas ?

La maîtresse des lieux venait d’apparaître comme par enchantement à l’opposé de l’entrée. Aussi le policier sursauta-t-il, tandis que son postérieur heurtait l’un des sièges.

— En effet. Mais j’ignore de quoi il s’agit.

— C’est la Lilith du peintre anglais John Collier, l’un des grands portraitistes de sa génération. Il en existe plusieurs versions mais celle-ci est à mon avis la plus aboutie.

Lady Maureen se tenait à ses côtés, immobile, cependant que le flic scrutait à nouveau l’huile sur toile.

— C’est une copie, j’imagine ?

— Hélas, oui. L’original de ce chef-d’œuvre est exposé à l’Atkinson Art Gallery, à Southport, en Angleterre. J’ai tenté de l’acquérir par deux fois mais il n’est pas à vendre.

Elle avait dit ça avec une tristesse non feinte.

— Vous aimez la peinture, inspecteur Xavier ?

— Oui, mais je n’y connais pas grand-chose.

— Je vois… »

Illustration : Lady Godiva (John Collier’s painting)

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